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Après une nuit au poste, j’ai eu l’illumination. Suite à mon changement radical d’attitude et quelques petites faveurs, j’ai été relâché avec un avertissement. Apparemment, il est illégal de causer des orgies lesbiennes en dehors des clubs de danseuses. Voilà donc, je suis illuminé, grâce à RDS.
Alors que je croupissais dans une cellule crasseuse, les policiers m’ont permis de regarder une cassette d’un match de hockey du Canadien, datant de plus tôt dans la saison. Le match était pathétique, mais les commentaires étaient excellents. C’est lorsque l’après match débute que je m’enthousiasme. Le Canadien s’est fait lapidé par l’autre équipe, et pour souligner leur mauvaise performance, les journalistes ont projeté en arrière-plan l’image du logo de côté (qui forme normalement un bonhomme sourire) mais ils ont tourné la bouche à l’envers, symbolisant ainsi un partisan mécontent.
La force évocatrice de ce symbole n’est pas sans rappeler le geste de Martin Luther, apposant une feuille sur la porte de son église. C’est la réforme. Assez les indulgences! Les joueurs n’atteindront plus le panthéon (paradis du hockey) simplement en achetant leur pardon, terminé est l’époque des Henri Richard, Jean Belliveau, et compagnie. Il faudra maintenant mériter sa place au paradis. Nous sommes à l’époque où le talent de joueurs refusant le système sera honoré, vive les Théoren Fleury, les Todd Bertuzzi, les Sergei Samsonov, les Enrico Ciccone, les Ed Belfour! Il est temps de voir un temps nouveau dans le monde du hockey.
Certains indices ont par le passé laissé entendre ce qui s’en vient. On parle entre autres du match hors concours durant lequel Manon Rhéaume protège le filet du Lightning de Tempa Bay. Cela démontra efficacement que les femmes n’ont pas leur place dans la société.
Nous arrivons donc à l’ère de l’Art. Le Canadien est la première équipe à l’avoir véritablement saisie. Cela a débuté cette saison. En effet, l’équipe doit être une représentation réaliste de la société québécoise. Ainsi, nous avons une équipe multiethnique, à l’image de Montréal, ce qui permet aux gens d’Hérouxville de mentionner qu’ils ne veulent pas de lapidation dans leur ville. De plus, nous avons une équipe qui semblait forte, avant de s’écrouler, et manquer le bateau par un point, comme le camp du oui. Les journalistes ont compris la symbolique, ainsi : C’est la faute de l’argent et des ethnies. Nous sommes donc à l’ère du réalisme balzacien.
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