| |
Dimanche 22 avril 2007, 19h23
Je m’ennuie. Depuis quelques heures, je suis caché dans cette ruelle. L’anarchie coule encore dans mes veines. J’ai par contre découvert que je ne savais pas me battre. J’ai acheté des piles, au prix fort. Mais c’est des grosses piles, pas des ridicules AAA. Je les ai fourrés dans mes poings et j’ai tenté d’asséner un énorme coup à un passant. Geste pur, sans signification, beau. Mais seulement, j’ai mal visé, et l’une de mes piles est tombée par terre. Le mec la ramasse et me la lance en pleine figure. Geste laid, de revanche, absurde. Il me donne ensuite un énorme coup de pied dans les côtes et je tombe par terre, puis je m’enfuis. Je crois bien que je suis dans cette ruelle depuis 4 heures. Je m’en veux encore d’avoir gaspillé mes derniers cinq dollars dans l’achat de piles. J’aurais dû être plus intelligent. Pour l’instant, je m’ennuie, c’est pourquoi j’ai décidé de commencer ce journal intime.
Dimanche 22 avril 2007, 19h29
Le temps est long dans une ruelle, je crois qu’il est temps que je m’en sorte. Je ne suis pas fait pour vivre dans la rue. Je ne suis peut-être pas un anarchiste… mais que suis-je donc?
Dimanche 22 avril 2007, 20h35
Je me suis fait cinquante dollars en faisant une faveur à un vieil homme. J’ai décidé d’investir cet argent de la façon la plus responsable possible, afin de me sortir de la rue. J’ai donc acheté une Bible afin de l’étudier. Le coût : 16.90$ J’ai ensuite décidé de manger, j’ai donc commandé un hamburger, une poutine et deux burritos. Puis, j’eus une intense soif, je me suis donc commandé quelques petites bières. Le coût total de mon souper : 58.78$ J’ai dû me résoudre a faire une petite faveur au propriétaire de l’établissement. J’ai ensuite compris que j’étais dans un établissement de perdition. Je ne devais plus revenir ici et aller trouver un autre endroit pour me recueillir et réfléchir. C’est ce que m’a fait comprendre la Bible : « Conformément à ce que le Seigneur avait annoncé, Nabucodonosor emporta tous les trésors du temple et du palais, et mit en pièces tous les ustensiles d’or que le roi Salomon avait fait fabriquer pour le culte du temple. » (2 Rois 24 : 13.) Je note donc ceci dans un taxi, malgré mon absence de moyen. Je devrai donc me résoudre à faire une faveur au chauffeur.
Lundi 23 avril 2007, 11h55
J’ai trouvé un bel endroit où me recueillir et passer la nuit. J’en avais grandement besoin, surtout après la colère du chauffeur de taxi, qui m’a battu sévèrement. J’ai accepté ma punition stoïquement, comme le suggère la Bible : « C’est alors que les habitants de Jaffa commirent un acte particulièrement odieux. Ils firent semblant de n’éprouver aucun mauvais sentiment à l’égard des Juifs domiciliés dans leur ville et ils les invitèrent à faire un tour de mer, avec femmes et enfants, dans des barques qu’ils avaient préparées à cet effet. Comme la décision avait été prise par l’ensemble des citoyens de la ville, les Juifs ne se méfièrent de rien et acceptèrent l’invitation en souhaitant favoriser ainsi des relations amicales. Mais dès qu’ils furent au large, on les noya tous – ils étaient au moins deux cents –. » (2 Maccabées 12 : 3-4.) Cela est en effet, un portrait de ma situation, c’est comme si Dieu en avait fait une aquarelle.
Lundi 23 avril 2007, 16h48
J’ai été saisi devant la vérité des paroles de la Bible : « Constate combien mes ennemis sont nombreux / et quelle violente haine il me porte. » (Psaume 25 : 19.) Je dois donc trouver la solution à mes problèmes dans ce livre, c’est un signe.
Mardi 24 avril 2007, 15h18
J’ai trouvé la solution : « Voilà pourquoi ces adorateurs de bêtes ont été punis par d’autres bêtes, comme ils le méritaient ; ils ont été tourmentés par une multitude de bestioles. » (Sagesse 16 : 1.) Crever vous qui ne m’aimez pas. Incultes, vous subirez le châtiment des bestioles de Dieu.
Mardi 24 avril 2007, 19h45
Ma vie prend maintenant un sens nouveau. « Quant à toi, l’homme, adresse-toi aux femmes d’Israël qui prophétisent de leur propre initiative, et dénonce leur imposture. » (Ézékiel 13 : 17. » Je vais donc aller faire cela dès maintenant. Mais de quoi vais-je donc parler? J’ai tant de reproches à faire aux femmes, ces créatures démoniaques, viles succubes. Je dois donc parler au nom de tous ces hommes forcés d’avoir des relations sexuelles avec des femmes durant la nuit : « Cessez! » J’aurai une voix ténébreuse et je leur indiquerai le bon chemin. Cela va être génial. Oui, génial. Je sens déjà le pouvoir dans mes veines. Je vais donc prêcher le chemin à suivre. Moi seul guiderai les femmes perverses vers le droit chemin.
Mardi 24 avril 2007, 23h57
J’ai amorcé mon discours par la citation suivante : « Nos parents ont fait le mal, / et ils ne sont plus là, / mais c’est nous qui portons / le poids de leurs crimes. » (Lamentation 5 : 7. » Puis après une longue pause durant laquelle les femmes me fixèrent, intriguées, attendant le reste de mes enseignements, j’ai poursuivi : « Quels est donc ce péché? C’est simple, Mesdames : Les hommes ont succombé à la tentation de leurs épouses qui leur ont fait l’amour durant la nuit. Dieu ne supporte pas la pénétration. C’est clair. Nous ne devrions pas exister, car nous sommes le fruit du péché. Heureusement, il y a eu le Siècle des lumières, le premier siècle de notre ère. Des êtres de lumières ont vu le jour, Jésus, et son cousin Jean-Baptiste. Notre peuple est bon, en faisant de ce cousin notre patron, nous acceptons donc la primauté royale de notre cousin : la France. Voilà donc la terre divine, la terre choisie de Dieu. En conservant le français, nous conservons le fils de Dieu. Voilà ce que nous devrions être. Mais nous ne le sommes pas, car nous avons perdu la foi en la procréation sans pénétration. Mesdames, sachez l’importance de la procréation in vitro. C’est la seule qui compte. Cessez de tenter les hommes avec vos atouts de conforts. Ce n’est pas pourquoi Dieu nous as créé. Ainsi donc, en l’honneur de la parole divine, embrassez-vous, langoureusement. C’est bien. Maintenant, enlevez vos vêtements. C’est bien. Caressez-vous. C’est bien. Les femmes qui sont maintenant sur le dessus doivent maintenant aller chercher un flacon rempli de ma semence. C’est bien, déversé. Maintenant, le destin divin est rempli. Le 21e siècle sera donc le nouveau Siècle des lumières. C’est bien. Mon destin semble donc rempli. »
Les femmes ont bien aimé.
Page précédente | Page suivante
|
|