Pour en finir avec les méchants:
Épisode I: La mort d'Hirohito

Par Terry Sakamoto (Terry@viruslatte.net)
traduit du Japonais par Randy Roxx (Randy@viruslatte.net)

Tuer c’est dur, mais ça devient facile. Lorsque ces enfouarés ont tué mon frère, je me suis dit que je les tuerais. Par le passé, je ne tuais pas, maintenant je tue beaucoup. Je me serais tué si mon frère ne m’avait pas dit : « Tues les! » « Je les tuerai pour toi », lui ais-je répondu approximativement. Tuer est un verbe qui ne se conjugue pas, il s’exécute. Je suis millionnaire.


      J'étais encore endormi quand la police m'appela afin d’aller identifier le « cadavre » de mon jeune frère Hirohito. Je me rendis vite sur les lieux du crime, car les policiers n'avaient pas encore réussi à ramasser toutes les pièces, ou devrais-je plutôt dire, les copeaux du corps de mon frère... car c'est à mon grand dégoût que j'appris qu'Hirohito avait été déchiqueté par ces malades dans un broyeur à arbre.

      À mon arrivée sur les lieux, le tout avait pas mal été ramassé, mais le sang était encore imprégné sur les murs, la tapisserie, la boiserie, le tapis et sur un beau panache d’orignal. Ce carnage avait fait tout un gâchis dans cet appartement de luxe que mon frère avait tout juste pris soin de rénover de sa propre main. Contrairement à moi, c'était un grand bricoleur ce petit, et c'est pourquoi mère l'aimait bien...

      Le coroner qui était sur les lieux, m'annonça qu’une seule partie de son corps était en état de pouvoir être identifiée, c'était la partie supérieure droite de son crâne, c’est-à-dire un morceau d'os et de peau où son sourcil droit était resté indemne. Je reconnu à l'instant le sourcil droit d'Hirohito : tout d'abord par la légère cicatrice qu'il s'était faite en haut de l'oeil lorsqu'une de bouteille de Coca-Cola s'était brisée au sol et avait éclaté jusqu'à son visage, lorsqu'il avait sept ans. Mais je reconnus aussi son sourcil droit par cette expression innocente, mais à la fois déterminée qu'Hirohito avait dans son regard.

      L'agent chargé de l'enquête tenta de me réconforter en me disant que j'avais le coeur et l’esprit solides pour assister à cette scène, et que même lui en éprouvait un grand énorme haut-le-coeur : « Vous savez, des dégueulasseries pareilles je n’en ai pas vu souvent dans ma carrière, attendez que je raconte ça à ma femme », qu’il me dit, d’un air à la fois distrait et enthousiaste.

      L'inspecteur était un type étrange, un homme dans la soixantaine portant un long manteau beige et conduisant une vieille voiture démodée; il parlait sans cesse de sa femme et de sa vie personnelle. Pendant prêt d'une heure, il me posa une série de questions sur la vie d'Hirohito et sur n’importe quoi… Alors que moi je ne faisais que me demander qui pouvait bien être l'assassin? L’inspecteur entra enfin dans le vif du sujet : Avait-il des ennemis? Faisait-il parti d'un gang criminel? Buvait-il souvent? Avait-il une maîtresse?

      Le policier parlait sur un ton sympathisant, naïf et ridicule... pour moi, ce n'était qu'un vieux pédé... mais au fond de son regard, ce vieux sénile était rusé, et il savait ce qu'il faisait... si je ne me dépêchais pas, il trouverait les assassins de mon frère bien avant moi...

      Vers midi, l'inspecteur quitta. Mais sur le seuil de la porte, il se retourna vers moi:

-Un petit instant m'sieur, j'ai une dernière petite question... savez-vous si votre frère s'était chicané violemment avec sa maîtresse, madame Zouzidon, dernièrement?

      Je lui répondis qu'Hirohito était un gentleman avec les femmes, et que jamais il n'agirait de manière violente avec l'une d'entre elles... mais que j'ignorais tout de sa relation avec madame Zouzidon.

      Il soupira d'un air soulagé, et entra dans sa voiture. Il alluma un cigare et me dit : « Ma femme déteste cette mauvaise habitude. Mais que voulez-vous, quand on a des mauvaises habitudes, c’est très difficile de s’en débarrasser. En passant, je sais tout de votre passée et je vous aurai à l’œil, Terry « Swordfish » Sakamoto.


      Bien que j'avais réussi à cacher mon bouleversement devant l'inspecteur, je devais relaxer un peu, et prendre un peu de temps pour assimiler tout ce cirque. Ces salopards avaient réussi à avoir la peau de mon frère!!! Et en plus, cet imbécile de couille molle croit que j’ai quelque chose à voir avec cette barbarie. Il me fallait maintenant agir, me faire un plan et vite!!!

      Je suis donc allé voir Hitser Danlver, sa brasserie était déserte pendant l'heure du dîner, je m'assis au bar.

-Je te sers la même chose qu'à l'habitude? me demanda-t-il.
-Non Hitser, aujourd'hui ce sera un triple Jack dans un pamplemousse, et ensuite un Gin, c'est bon pour l'haleine, ça l’a un petit goût d’épinette.
-J'ai appris pour ton frère, me dit-il après avoir hésité un instant, je te paye le verre, si cela peut te réconforter.
-C'est apprécié Hitser, mais ne me prends pas par pitié... j'ai besoin de réfléchir quelques instants, et ensuite, j'aurai ma vengeance... ces fils de putes vont payer la mort de mon frangin, cop...
-..., Hitser me regarda, et m'adressa un léger sourire de sympathie, en gardant le silence.

      Hitser s'en faisait pour ma peau, mais il savait que ma vengeance était légitime, et qu'il ne pourrait point m'arrêter.

      Après quelques minutes de silence, Hitser reprit la conversation.

-Tu as appris pour la femme de Johnny Zingzitzu? Le cadavre a été retrouvé, dans une ruelle du quartier East Central... tout semble indiquer une overdose, mais Jack continue de croire que c'est un meurtre... et depuis le début de la crise, ce n'est pas une hypothèse ridicule.
-Elle consommait beaucoup cette garce! et même Johnny ignorait beaucoup de son passé, il est très probable que tout cela n'ait rien à voir avec cette vieille histoire de mallette qui a mal tournée.
-Reviens sur Terre Jack, je ne te parle pas de cette simple histoire de mallette qui a mal tournée, nous sommes en crise depuis presque un an! Les affaires vont mal même dans les quartiers nord, les roses sont incapables de trouver de la cam depuis des semaines, c'est le chaos entre le Nord et le Sud.

      Je bus sans répondre, mais je dédiai cette gorgée à Zingzitzu, et à son empire qui s'écroulait à petit pas. Malgré que Hitser se refusait de le voir, l'époque Zingzitzu était terminée, la ville entrerait dans une nouvelle ère, et j'allais profiter de ces changements pour édifier mon empire. Et la première étape était de retrouver les meurtriers de mon frère, et de leur faire sauter la cervelle.

      Hitser me fit sortir de ma réflexion, en m'annonçant qu'on me demandait au téléphone...

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