| |
C'était le 3 avril 1994, je m'en souviens, car c'était mon anniversaire; je venais d'avoir mes 40 ans. La vie avait fait que j'étais rendu dans le désert en Égypte, à dos de chameau, à la recherche du tombeau du pharaon Touthanjambon. Dans ce tombeau, je devais trouver un portail qui me téléporterait sur l'île d'Avalon, où je pourrai enfin achever ma quête du Saint Graal.
Ayant besoin de compagnie, durant mon voyage, je m'étais procuré une esclave... elle s'appelait Maria, une jeune femme qui incarnait entièrement le portrait de la perfection féminine que je me faisais : chiante avec de douces jambes. Cependant, elle traînait avec elle son seul et unique fils, Sébastien Trudel, il avait 10 ans à l'époque. C'était un jeune esclave qui offrait sans cesse des faveurs... à mes yeux, c'était un jeune pédé, je le méprisais, mais il était impossible de l'en séparer de sa mère que j'appréciais tant.
Ça faisait très longtemps que nous parcourions le désert, j'avais depuis longtemps consommé mes provisions d'Heineken, et il ne me restait que trois quarante onces de Jack Daniel’s, je regrettais de n'avoir pas amené de London Dry Gin; son doux goût d'épinette m'aurait rappelé ces doux matins hivernaux du Québec, où n'ayant pas assez d'argent pour me procurer du dentifrice, je mangeais de l'épinette pour me rafraîchir l'haleine...
La nuit tombait, et la jeune tapette se plaignait qu'il avait froid. Ayant reçu des dons de chasseurs dès ma naissance, je lui faisais signe de se taire... car je savais que nous étions en territoire hostile. Je sortis mon M16. Mon don ne me faisant jamais défaut. En effet, j'entendis des hurlements au loin... ayant étudié les peuples du désert pendant une bonne partie de mon enfance, je savais à qui j'avais à faire: c'étaient la bande de Xzar Toban Ahmed qui régnait dans cette partie du désert, ils pillaient les tombes et les voyageurs, ne laissant aucune merci à ceux qui croisaient leur chemin... mais je connaissais le cousin de Xzar Toban Ahmed, il s'appelait Mumulha Ahmed, et habitait Boston. C'était un allier puissant pour mon empire à Montréal, je lui avais sauvé la vie plus d'une fois lorsque la guerre entre les graveurs de CD et les copieurs de cassettes éclata en Amérique du Nord, East side contre West side. Si je pouvais parler à Xzar Toban Ahmed, on pourrait régler ça à l'amiable, et il me fournirait sûrement un gîte pour la nuit et de la nourriture.
Je vis une lumière au loin, c'était un feu de camp, avec des tentes, sûrement le clan de Xzar Toban Ahmed qui se reposait avant d'aller dormir. Je dis à ma femme de service et à sa jeune tarlouse de se cacher derrière une dune avec le chameau et les provisions; moi je partirai en reconnaissance avec mon M16.
Je suis resté caché 30 minutes derrière une dune de sable, à observer l'ennemi. Par professionnalisme, je serais resté plus longtemps, mais le Jack que je venais de m’enfilé m'avait donné une énorme envie de pisser, et la puissance habituelle de mon jet fait que je me serais fait entendre sans aucun doute, si j'avais décidé de pisser dans les sables... j'ai donc décidé de passer à l'assaut, arme à la main, je me jetai dans le camp en criant un tas de paroles en arabe qui signifiaient « Je suis Randy, moi être votre ami, moi connaître Mumulha Ahmed, frère de Xzar Toban Ahmed, moi lui avoir sauvé la vie à Boston, vous me donner gîtes, moi avoir M16 ». J'avais bien évidemment pris un cours d'arabe lors de mon adolescence... ayant reçu le don de la clairvoyance lors de ma naissance, je savais que cette langue me sauverait la vie un jour. Les nomades, ayant sans doute entendu parler de moi, dû à ma popularité mondiale comme roi du crime, m'invitèrent chaleureusement à me joindre à eux. J'ai alors crié à Maria et à son jeune fif de nous rejoindre.
Nous avons festoyé quelque temps, interprétant une grande partie du répertoire d'Iron Maiden à la sitar... pour ces hommes du désert, j'étais un dieu, coulé dans l'or lorsque je sortis des entrailles de ma mère. Après avoir mangé deux trios shawarma avec patates rôties, Xzar Toban Ahmed m'adressa la parole pour la première fois... Il me demanda ce que je faisais dans le désert avec ma femme et ce jeune dévergondé.
Je lui expliquai alors ma situation à Montréal, et que j'étais venu au désert pour trouver le tombeau de pharaon Touthanhjambon. Dès que j'ai prononcé ce nom, tous se sont tus et ils me fixèrent. Je lus la peur dans leurs yeux, la même peur que j'avais si souvent lu dans le regard des hommes agonisants dans les marécages lors de la guerre du Vietnam... Aussitôt que ce nom fut prononcé, même le feu s'éteignit d'un coup de vent glacial qui semblait parvenir des abysses et le jeune pédé tomba dans les vapes.
Xzar Toban me raconta alors une histoire, une histoire terrifiante, qui m'aurait terrifié si mon courage n’était pas aussi pur. Mais l'histoire me confirma bien ce que je croyais, et ce que je cherchais. Alors que la Terre formait un triangle équilatéral parfait avec Neptune et Uranus, et que la pleine lune, se trouvant en plein milieu de ce triangle, illuminait parfaitement la tombe de Toutanjambon, l'organisation des Illuminatis avaient sacrifié la 7e fille de la famille directement descendante de la lignée de Nabuchodonosaur, roi de Babylone alors qu'elle était encore vierge. Le rituel avait déclenché la prophétie, qui voulait que Toutanjambon s'éveille et sorte de son tombeau la nuit pour semé le mal, et de son touché, répandre une maladie qui ferait pourrir chaque être humain, dans une agonie lente, et ainsi anéantir la race humaine, au profit des Illuminatis qui seraient les seuls survivants, à l'exception de quelques humains qui leur serviraient d'esclaves. Ils se débarrasseraient ensuite de Toutanjambon à l'aide d'un anneau de puissance dont j'ignorais encore comment ils allaient le créer.
Toutanjambon avait déjà anéanti la moitié de la tribu de Xzar Toban Ahmed. La malédiction avait transformé les hommes, les femmes et les enfants de la tribu qui parcouraient village en village, afin de manger les habitants, et les transformer, à leurs tours, en zombies, créant une armée. Je compris que ceux qui étaient au bord du feu ce soir-là étaient les seuls survivants.
J'expliquai alors aux nomades que je devais aller au tombeau, et de ce fait, je pourrais anéantir le pharaon déchu pour eux. Ils me trouvèrent fou, mais ils ignoraient encore ce que Randy Roxx avait vécu, ce qu'il allait vivre, et ce qu'il était capable de faire. « Demain, à l'aube, je partirai pour le tombeau. Mais j'avais besoin d'armes et de provision », leur déclarais-je. Heureusement, les nomades du désert s'y connaissaient mieux que les Montréalais en arme.
J'ai donc échangé mes deux bouteilles et quart de Jack Daniel contre 10 trios Shawarma et 10 trios Shish Taouk avec patates à l'ail. Ensuite, j'ai échangé cette jeune couille molle de Sébastien Trudel contre un M60, un lance-grenade à six têtes, et un lance-flamme, le tout incluant des tonnes de munitions. Ayant pris soin d'étudier les armes à feu et les différents types de morts-vivants lors de mon adolescence, je savais que ces armes constituaient l'arsenal parfait pour combattre une momie ayant un pouvoir aussi puissant.
Cette transaction a fait beaucoup de peine à Maria, qui ne voulait pas se séparer de son jeune homo... bien que je lui expliquai à maintes reprises que son gros fétus ambulant était beaucoup plus en sécurité dans la tribu que dans le tombeau avec nous, elle était fâchée de ma décision… je le voyais dans son regard. Bientôt, elle se vengerait.
Tôt le matin nous sommes partis, les deux, à dos de chameau...
Page précédente | Page suivante
|
|