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Cet article est dédié aux candidats élus,
ainsi qu’à leurs bénévoles, des élections
provinciales 2007. Chapeau à la démocratie!
Quelle ne fut pas ma consternation, mercredi matin dernier, lorsque je vois apparaître un Pierre-Philippe avec les larmes aux yeux, qui me tend un article en me disant d’une voix chancelante : « C’est le meilleur article que j’ai fait, c’est pour elle. » Je lui demande de s’asseoir et je feuillette son article. Au fur et à mesure que je tourne les pages, Pierre-Philippe me fixe, espérant une réaction. Finalement, je dépose les feuilles sur la table et lui réponds : « Je ne publie pas ça. » J’ai alors eu l’impression qu’il allait s’évanouir.
Des règles strictes
Lorsque nous nous sommes rencontrés afin de définir le projet de Virus Latte, nous avons pris la décision unanime que notre revue ne serait pas un blogue. Si l’on veut s’épancher sur nos sentiments personnels, ou bien parler de notre vie et de nos amis, il faudra trouver un autre lieu que Virus Latte pour diffuser cette cochonnerie, ce sentimentalisme de lignes ouvertes. Nous nous sommes aussi fixé des règles. Par exemple, ne pas parler de quelque chose que l’on n’aime pas. Ainsi, plutôt que de faire une critique négative d’un film, on n’en parle pas, et on parle plutôt de quelque chose d’autre que l’on a aimé et que l’on souhaite partager à notre lectorat.
Ainsi, lorsque Pierre-Philippe m’a remis son article, j’ai été extrêmement déçu de lui. Nous avions défini les règles moins de deux semaines auparavant et il a le culot de me remettre une critique négative de la mort!!! Mais vraiment, quel culot!
En plus d’être un violent opus contre la mort, son article était truffé d’allusions personnelles sur : son amour qui persiste envers Sophie, l’odeur de ses cheveux qu’il perçoit parfois, leurs soirées de karaoké à se tenir la main. Franchement, le lecteur n’a pas à savoir aucun détail de nos vies personnelles. Surtout lorsque cela concerne une fille.
J’étais encore plus fâché lorsque je parcourais un passage où il calomniait Dieu : « Soit maudit seigneur, de m’avoir volé ma promise, mon âme, l’air de mon cœur!!! » Maudire Dieu… Y a-t-il un meilleur moyen de nous faire échouer dans notre projet de conquérir le lecteur moderne?
J’ai donc gentiment orienté Pierre-Philippe dans la rédaction d’un autre article, un hymne à la vie. Après tout, je n’allais pas trahir l’Idéal de Virus Latte uniquement pour soulager une personne qui n’est mon ami que depuis quelques années. De toute façon son article original était médiocre.
Parlons-en de cette Sophie
Vraiment, je ne vois pas la valeur d’un article sur une personne aussi méprisable. Je suis certain que tous ceux qui la traitent d’« être angélique veillant sur tous les vivants du haut des cieux » sont des hypocrites. Nous nous méprisions, moi et Sophie. Je la trouvais sotte avec son petit rire coquin sur tout. De plus, lorsqu’on sortait, dès que Pierre-Philippe avait le dos tourné, elle essayait de me séduire avec le jeu des regards subtils. Son éternel besoin d’attention n’avait d’égal que la petitesse de sa vertu. C’est dommage, ces chose là, elle aurait certainement pu en faire un métier. Quelle garce!
Depuis sa mort dans un accident – presque aussi stupide que la défunte – Pierre-Philippe ne cesse de pleurer. C’est absurde, ils ne formaient un couple que depuis trois mois! Il devrait plutôt se réjouir du fait que sa mort soit survenue maintenant plutôt que le mois prochain, alors qu’ils auraient aménagé ensemble. Là, la situation aurait été tragique! Il aurait dû travailler plus d’heures pour payer son loyer et lâcher la revue. Mais ce n’est pas le cas… Je ne vois donc pas pourquoi il ne cesse de se morfondre.
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