Le retour du héros

Depuis la parution des premières ébauches du tout nouveau fil de presse de Virus Latte, aucun lecteur n'a encore pointé du doigt cet étrange évènement (oui, oui, j'emploie la nouvelle orthographe, bon). Je n'ai pas reçu d'e-mail, pas de fax, ni de signaux de fumée m'indiquant qu'un lecteur eût été alerté par la nouvelle. En fait, je ne suis pas sûr que des gens nous lisent vraiment, mais ça c'est un détail.
Il s'agit bien entendu de mon retour du congélateur.

Afin de vous mettre au courant de l'affaire, je vous invite à lire toute cette histoire.

C'est fort simple.

J'avais voulu voir comment le monde vivait. Au début de Virus Latte, j'avais été engagé dans ce restaurant qui me promettait mer et monde. Au début, j'étais heureux. J'ai commencé comme dresseur d'assiètes, ce qui me procurait un plaisir pour mon sens artistique.

Puis ils m'ont placé à la plonge et j'y suis resté pendant un mois.

Je faisais celà à longueur de journée.

Quelques fois, quand il y avait un rush, j'aidais le pâtissier, un français très amusant, assisté d'une roumaine et d'un uruguéenne. C'était l'extase.

Mais, revenant sans cesse à la plonge, las de toujours voir les mêmes assiètes défiler, je m'ennuyais.

Je voyais la vie en noir. J'avais toujours hâte à la pause dîner de 45 minutes pour sortir dehors voir le soleil. Et quand l'heure de retourner sonnait, le ciel s'assombrissait. Au sens figuré.

Puis, un jour, las de tout ceci, j'allai voir mon patron. Je lui dis:

- J'aime beaucoup votre restaurant, mais ce que je fais m'empêche de mettre à terme ma Mission de Vie en tant qu'homme. Car chaque homme a une Mission de Vie qu'il doit accomplir. Et l'empêcher d'accomplir cette Mission de Vie, c'est comme l'emprisonner.

Il me renvoya.

Il me laissa aller.

J'avais tout le loisir d'accomplir ma Mission de Vie.

Enfin.

Mais pas tout à fait. J'étais faible. Cette vie au restaurant m'avais complètement démoli, anéanti.

J'avais besoin de voir la lumière. J'avais besoin.

Je suis donc allé dans le congélateur. Pour voir la lumière. La lumière éteinte qui se rallume, comme les étoiles qui s'allument le soir pour nous guider. Je voulais briller à nouveau. Je voulais raviver la flamme en moi. Je voulais renaître. Donc, j'ouvrais et je refermais la porte pour allumer et éteindre cette lumière. Et quand elle s'allumait, de plein feux, j'étais fou de joue.

Malheureusement, c'était un congélateur condamné. Et j'ai refermé la porte trop loin. Elle se barra. Je pris froid et m'auto-congela.

... à suivre

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1 commentaires

Pierre-Philippe Allard Author Profile Page a dit :

"Je suis donc allé dans le congélateur. Pour voir la lumière. La lumière éteinte qui se rallume, comme les étoiles qui s'allument le soir pour nous guider. Je voulais briller à nouveau. Je voulais raviver la flamme en moi. Je voulais renaître. Donc, j'ouvrais et je refermais la porte pour allumer et éteindre cette lumière. Et quand elle s'allumait, de plein feux, j'étais fou de joue."

On vien de trouver quoi metre sur la back d'un cover de notre livre!
PPA

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de Louis-Philippe Duchesne-Cadieux publiée le 4 janvier 2008 23h56.

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